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17 mars 2015

L'Islande renoue avec Thor et les Dieux nordiques

Un compositeur de musique de film qui a travaillé avec Sigur Rós et Björk invoque des dieux nordiques pour célébrer les mariages, baptiser les enfants et enterrer les morts. Et ceci est reconnu comme religion par les autorités !
L'Islande a l'air d'être dans la confusion. Mythes nordiques, impôt religieux, taxe sur les cultes, église luthérienne officielle qui accepte le mariage pour tous, polémique et construction d'une mosquée, crise financière, et... construction du premier temple dédié aux divinités nordiques!


Prions pour un réveil pour cette nation, pour que l'Islande se tourne vers le Jésus, le seul chemin, la vérité et la vie.


RELIGIONL'Islande renoue avec Thor et les Dieux nordiques

Depuis l’arrivée du christianisme sur l’île, voilà mille ans, l’Islande avait perdu contact avec les dieux nordiques. Les fidèles sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à se tourner vers eux.
Chaque été, les adeptes des dieux nordiques se réunissent dans  le parc national de Thingvellir pour des cérémonies religieuses. Chaque été, les adeptes des dieux nordiques se réunissent dans  le parc national de Thingvellir pour des cérémonies religieuses. Photo Silke Schurak/Reuters
Hilmar Örn Hilmarsson, qui vit près de Reykjavík, doit prendre l’avion pour Höfn, une petite ville de pêcheurs de la côte sud-est de l’Islande, où il doit célébrer une cérémonie de mariage. Il n’est ni homme d’église ni officier d’état-civil, mais compositeur de musique de film : il a travaillé notamment avec Sigur Rós et Björk. Mais il est aussi grand prêtre de l’Asatruarfelagid, c’est-à-dire l’Association Asatru, et il a à ce titre autorité pour célébrer les mariages, baptiser les enfants et enterrer les morts.

La cérémonie sera simple, explique-t-il avant de partir : après avoir accompli un rituel pour sanctifier le lieu, il lira l’un des fameux poèmes épiques islandais puis invoquera trois dieux nordiques et, “en guise de contre-mesure”, trois déesses, parmi lesquelles Freyja, la déesse de la fertilité. Le couple saisira ensuite un gros anneau de cuivre et chacun s’engagera vis-à-vis de l’autre.

Et voilà, ce sera tout. Hilmarsson a célébré plus de 200 mariages depuis qu’il est grand prêtre. Mais Thor, Odin, Freyr et Frigg, les dieux du panthéon nordique, vont probablement être encore plus demandés à l’avenir, et ses services aussi. Depuis qu’il a pris, il y a douze ans, la direction de l’Asatruarfelagid, qui est reconnue comme religion par les autorités, le nombre de membres a sextuplé. Après des années de planification, l’organisation commencera en mars la construction de ce qui sera presque certainement le premier temple dédié aux divinités nordiques depuis que l’Islande s’est officiellement convertie au christianisme, en l’an 1000.
Bière et petits gateaux

Cette religion est différente de beaucoup d’autres. Hilmarsson a beau s’apprêter à construire un temple dédié à Thor et sa suite, il ne prie pas les dieux nordiques, ne les adore pas au sens conventionnel du terme et ne croit pas que les Eddas, ces poèmes du XIIIe siècle qui reprennent la mythologie des anciens temps et sur lesquelles repose cette religion, soient la vérité. Cette religion, “c’est en partie une passion romantique pour l’Antiquité, confie-t-il. Mais en même temps, nous pensons que c’est un mode de vie viable qui a du sens et un contexte. C’est une religion qui peut vous accompagner dans la vie et dans la mort, en résumé.” Heureusement pour les 3 000 membres de l’association, le gouvernement islandais est du même avis et l’organisation a donc droit à sa part de l’impôt religieux que tout citoyen islandais est tenu de payer. Résultat : après plus de dix ans d’économies, un hof, un temple, va être construit sur une partie tranquille de la côte de Reykjavík.

Le bâtiment sera en bois et aura une paroi de verre orientée au sud pour capturer le lever et le coucher du soleil lors du jour le plus court de l’année. Comme partout ailleurs, l’intérêt pour les mythes nordiques s’est rallumé à la fin du XIXe siècle, puis a connu une nouvelle résurgence dans les années 1960 et 1970, quand le Danemark a restitué les manuscrits des Eddas à l’Islande. Il est cependant moins facile d’expliquer le succès que le néopaganisme connaît depuis peu auprès de la jeunesse.

Par un doux mercredi soir, une dizaine de membres de l’association se réunissent dans le centre de Reykjavík pour la séance de lecture hebdomadaire des Eddas. Certains ont la cinquantaine mais plus de la moitié ont une vingtaine d’années. L’atmosphère fait moins penser à un rituel ou à une réunion de prière qu’à un groupe d’étude de [l’écrivain britannique du XIVe siècle] Chaucer, avec chaude ambiance, bière et petits gâteaux, où les participants interrompent un débat animé pour faire part de leur ravissement devant une image ou une métaphore. 
Revenir aux racines

Linus Orri, 25 ans, militant écologiste, explique ainsi l’intérêt que présente l’association : “Dans ce monde qui est plutôt artificiel, on s’intéresse ici à quelque chose de réel, quelque chose d’authentique. Est-ce la recherche d’une sagesse antique, la vérité sur ce qu’était la société ou un engagement vis-à-vis de la nature, je ne peux pas vraiment le dire.” Contrairement à certaines sociétés néopaïennes qu’on trouve dans le reste du monde, l’association veille à ne laisser aucune place à l’idéologie d’extrême droite et a coupé tous liens avec les organisations extérieures.

Pour Solveig Anna Boasdottir, qui enseigne la théologie et l’éthique à l’université d’Islande, la montée du paganisme s’explique peut-être par les relations compliquées que le pays entretient avec la religion : l’Islande est un pays extrêmement laïque mais 90 % des jeunes de 14 ans font leur confirmation dans l’église luthérienne officielle, qui demeure riche et puissante grâce à la taxe sur les cultes. Même si celle-ci accepte désormais le mariage pour tous, nombre de gens ont été déçus par le long débat provoqué par la question et par une polémique plus récente sur la construction d’une mosquée, la première du pays, près de Reykjavík. “Je pense que c’était tout simplement du racisme”, estime Solveig Anna Boasdottir.

La crise financière que connaît le pays depuis 2008 est un autre facteur, d’après Sigurbodi Gretarsson, un musicien d’une vingtaine d’années qui est membre actif de l’association. “Nous n’avons pas de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Notre système de santé est tombé à l’eau mais l’Eglise reçoit toujours des millions et des millions. Les gens en ont marre et souhaitent donc revenir au paganisme, aux racines.”

Note :Publié le 6 février 2015
SOURCE: http://www.courrierinternational.com/article/2015/03/17/l-islande-renoue-avec-thor-et-les-dieux-nordiques?page=all

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